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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 16:31

30 avril 2014, marina de Port La Royale, St Martin. Vers 14h, nous larguons les amarres aidés par Fabrice et Caroline - qui nous ont aussi donné un pâté du sud-ouest maison que nous classerons après dégustation dans la catégorie "de la mort qui tue" - afin d'être certains de ne pas manquer l'ouverture du pont de Sandy Bridge à 14h30. Nous arrivons un quart d'heure en avance et au lieu de tourner en rond au moteur, je décide de mettre l'ancre. À 14h30, quand le feu passe au vert et que le pont, libéré des voitures, commence à se lever, je remonte l'ancre. Surprise, c'est très lourd, trop lourd. L'ancre est coincée dans un bâti en acier! Impossible à remonter. Si je plonge, on est sûrs de devoir attendre 17h30 pour sortir. Énervés, on tire dans tous les sens à l'aide des 29 chevaux planqués dans le bateau et l'ancre finit par se décoincer. Heureusement que l'agent du port aux commandes du pont nous a accordé quelques minutes. Enfin partis, toute la toile dessus, nous tirons des bords pour passer Anguilla avant de monter vers le nord tribord amure. Bye bye les Antilles, il n'y a bientôt plus que l'océan à perte de vue.

 

St Martin - Flores: 2090nm en route orthodromique (2225nm parcourus)

 

Cette transat a été bien moins monotone que celle des alizés. Nous avons utilisé toutes les configurations de voile  - spi, génois, génois un peu roulé, foc, GV haute, 1 ris, 2ris, affalée, pas de tourmentin quand même nous n’avons jamais eu plus de 30nds - sur les deux amures. Nous avons souffert de la chaleur les premiers après-midi avant de greloter les dernières nuits. Et très peu de pluie au programme!  Les 6 premiers jours, nous avons avancé super bien (120 à 140nm par jour) et confortablement. Mais ensuite, le petit temps a dominé...

 

Enfermée dehorsEnfermée dehors : quand il pleut au portant, on ferme sinon il pleut dans le bateau! Ça nous a fait bizarre la première fois qu'on a enfilé pantalon, polaire, ... et même chaussures pour celui qui manœuvre à l'avant.  

 

Beaucoup de petit temps donc, nous avons fait 8 jours à moins de 80nm dont  la moitié à 50. Nous avons même souvent dormi dans notre lit comme au mouillage et manger une fois à table. Au moins c’est confortable… et on observe beaucoup de choses qui passent habituellement inaperçues comme les petites méduses qui dérivent à la surface (concentratrion incroyable), des tortues rouges, des dorades coryphènes qui bondissent (et même une qui nage le long du bateau pendant plusieurs heures!), une baleine, et malheureusement aussi beaucoup de déchets en plastique (bouteilles, bidons, morceaux de caisse, sacs). BAD, l’océan ressemble vraiment à une poubelle.

 

Méduse PhysalieMéduse: une physalie si je ne me trompe pas. C’est beau mais pas touche ! Cette méduse violacée qui porte une sorte de flotteur/voile est, d'après le guide Imray, assez dangereuse.

 

Dorade Coryphène Dorade coryphène : celle-ci a été pêchée en 10 minutes.

 

Un de ces jours de pétole au milieu de l’océan… je vois une coryphène sauter juste devant le bateau - j'ai reconnu le poisson car il est très fréquent et il chasse en surface. Du coup, je pense à pêcher et je mets la ligne avec un petit leurre blanc sans plomb. 10 minutes après, je regarde le sillage et je vois la dorade sauter sur mon hameçon! Pêcher en moins de 10 minutes, c'est la classe. Et surtout c'est très bon en papillote ou mariné dans du citron, de l'huile d'olive et quelques épices. Par contre, vu qu'il n'a pas eu le temps de se fatiguer, le poisson nous a foutu un dawa... J'ai passé plus de temps à démêler la ligne qu'à faire à manger. En parlant de bouffe, nous ne nous sommes pas laissés dépérir. Cette fois-ci, plus que le pain c'était les crêpes et surtout les pizzas Ophélie à la poêle. Yummi!

 

Pizza à la pooëlePizzophé

 

C’est bien le confort mais bon, les journées « normales » à 120/140nm par 24h nous manquent et passés 15 jours, le stock de bonne bouffe et de bons livres non lus s’amenuise. On commence à avoir envie d’arriver… Et là, surprise, notre génois fatigué se déchire sur 30cm. Déjà qu’après la réparation pas terrible faite à Bequia, il est un peu moche… Et bien là il ne ressemble plus à rien. Heureusement le vent revient, on se dit que finalement on ne mettra pas plus de 21 jours - on avait estimé la transat à 18 jours à fond et à 25 jours si tout va mal. Et bien non ! Les 200 derniers milles seront affreusement longs – 3 jours et demi et encore en s’appuyant pas mal au moteur - contre le vent faiblard et contre le courant. Rrrr… Le jeudi 21, on aperçoit enfin Flores! Nous savons que nous n’arriverons pas avant la nuit et donc on ne se presse pas de manière à arriver à l’aube. En fin d’après midi, 3 baleines – dont une d’au moins 2 fois la longueur du bateau – croisent à 20m devant nous en faisant sauter les dauphins. Nous voyons leurs souffles s'éloigner dans le soleil couchant… Les cory’s shearwaters  (puffins cendrés : ces oiseaux  découverts en Galice et vus presque jusqu'au Cap Vert) que nous avons commencés à apercevoir à 500nm des Açores sont maintenant nombreux. Ils évoluent rapidement au ras de l'eau sans battre des ailes, des planeurs de chasse!  Le moment est magique.

 

Flores Marina

La marina, inaugurée en juillet 2011


Voilà, le soleil se lève. Bonne petite nav' mais nous sommes bien contents d'arriver après 22 jours et demi en mer. On pénètre dans la minuscule marina. Un jeune bien sympa, l’agent du port , vient à notre rencontre et est notre seul interlocuteur pour l’immigration, le port et l’office de tourisme… il ne fait pas douanier mais nous explique que de toute façon la voiture des douanes est en panne : on est tranquille de ce côté-là !   

 

Cheveux OphéOphélie au soleil quelques mois, et hop


16052014-2014-05-16 16.56.15


Remarque: J'oubliais, nous avons été impressionnés par le nombre de bateaux croisés. Nous avons navigué bord à bord avec deux ou trois voiliers et nous avons vu des cargos ou des yachts de plus de 20m à l'horizon et à l'AIS quasiment tous les jours - ce qui n'était pas le cas lors de la précédente transat. Décidément, il y a du monde sur l'océan! C'est pratique pour demander la météo et rassurant en cas de pépin.

 

24052014-2014-05-24 12.16.36Cliquez sur l'image pour visualiser en grand

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commentaires

Y
Merci pour ces nouveaux messages. Et oui, Cable Bay retrouve des eaux connues! Pas sûr que nous en visitions autant que lors du dernier passage de Cable Bay aux Açores!
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M
Votre periple est superbe! Je n'ai cessé de rêver. Il est dommage que cela se termine. J'espère être sur le ponton à votre arrivée.<br /> Michel
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P
Bravo Yohan et Ophélie,<br /> <br /> Vous avez largement dépassé notre rayon de navigation! Merci pour le blog qui nous tient informé.<br /> Maintenant Cable Bay va se retrouver en eaux connues, comme il a visité 6 îles des Açores en 1999.<br /> Profitez encore bien de votre voyage.<br /> On se reverra peut être un jour dans un port.<br /> Bon vent!<br /> Peter et Marie-Laurence
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Y
Merci les amis.<br /> Pour VR: nous n'avons pas d'émetteur AIS - donc pas d'indicatif - mais juste une VHF avec un récepteur AIS.
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A
Je guettais aussi votre arrivée, contente que vous soyez arrivés (Bien pratique cette carte pour ceux, qui comme moi, ne comprennent pas grand chose aux termes marineux ^^) La photo de la méduse<br /> est juste fantastique. Des bises à vous deux.
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